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Elaboration de critères et indicateurs pour le développement de bases scientifiques à la caractérisation de l'économie circulaire dans le secteur du bâtiment

Face aux enjeux environnementaux actuels, la sobriété énergétique, la réduction des émissions carbone mais également l'économie circulaire constituent des leviers majeurs. Si la gestion des déchets est soutenue par de nombreuses incitations, le concept d'"économie circulaire" repose sur un processus plus global, de la conception des projets à la gestion de leurs vies ultérieures. Fortement consommateur de ressources et producteur de déchets, le secteur construction est particulièrement concerné. Un projet Recherche et Développement vient d'être lancé pour développer les fondements scientifiques de l'économie circulaire appliquée au bâtiment. Sous l'égide de la Fondation Bâtiment Energie et coordonné par le CSTB, il réunit différents acteurs de la recherche et du marché. Les travaux engagés jusqu'en 2020 visent à caractériser l'impact des actions en faveur d'une meilleure gestion des ressources.

5 enjeux seront abordés au cours des travaux :

  • La valorisation des ressources issues du bâtiment, et en particulier la fiabilisation des performances résiduelles en vue d'un réemploi
  • L'intégration des matériaux et produits issus de boucles courtes ou d'un allongement du cycle de la matière ;
  • La transformabilité et la réversibilité du bâti d'un usage à l'autre (ex : de logement à bureau)
  • L'anticipation en conception, de la fin de vie du bâtiment dans une logique de déconstructibilité (afin de mieux valoriser ses composants)
  • La capitalisation des données dans des processus immobiliers impliquant de longues périodes (quelles données capitaliser ? Comment les conserver et les transmettre ?)

Pour relever ce défi, le projet repose sur une approche innovante couplant travaux de recherche et expertise terrain. Deux groupes de travail, lancés en octobre 2018, réunissent acteurs publics et privés.

  • Le premier a pour objectif de proposer des critères et indicateurs pertinents (groupe recherche)
  • Le second de vérifier et faciliter leur mise en oeuvre sur des opérations réelles (groupe utilisateurs).

L'économie circulaire est un concept englobant dont le périmètre peut varier au gré des définitions qu'on lui attribue, mais qui vise à découpler croissance de l'économie et consommation de ressources vierges, tout en valorisant les compétences et les savoir-faire des territoires ; et ce, dans un modèle économique bénéfique à l'ensemble de la chaine d'acteur. Elle est généralement vue comme un mouvement d'ensemble qui va se diffuser progressivement, mais aussi comme une source potentielle de pathologies, avec la valorisation de produits ou systèmes ayant déjà eu une première vie et dont les caractéristiques (sanitaires, performances résiduelles, ?) peuvent être méconnues.

Si le périmètre de l'économie circulaire appliqué au bâtiment a fait l'objet de différents travaux de caractérisation (voir notamment le cadre de définition de l'économie circulaire, de l'alliance HQE-GBC) et n'est pas sans liens avec d'autres travaux amorcés sur le sujet (voir notamment les indicateurs associés à la déclaration environnementale sur les produits décrits dans la norme NF EN 15 804), les critères et indicateurs qui permettent de caractériser les actions entreprises et leurs impacts font aujourd'hui largement débat, et ce en grande partie du fait du manque de bases scientifiques à la caractérisation de l'économie circulaire appliquée au bâtiment.

Les travaux de la Fondation visent donc à poser des bases scientifiques à la caractérisation de l'économie circulaire dans le secteur du bâtiment, en particulier sur les thématiques suivantes :

  • la valorisation des ressources issues du bâtiment via une augmentation du recyclage / du réemploi ;
  • l'intégration dans les nouveaux projets de matériaux ou produits issus de filières courtes ou issus d'une logique d'allongement du cycle de la matière ;
  • l'obsolescence, l'adaptabilité et la transformabilité du bâti : il est entendu ici l'utilisation de systèmes constructifs qui permettent, avec des ressources matérielles et financières limitées, la transformation du bâtiment en vue de répondre aux nouveaux besoins ;
  • la gestion de la fin de vie du bâtiment : il s'agit ici d'anticiper, au moment de la conception d'un bâtiment, l'optimisation de la gestion de la matière en fin de vie : démontabilité en vue d'un réemploi, déconstructibilité et séparabilité des éléments en vue d'un recyclage ;
  • la valorisation des ressources humaines du territoire ;
  • l'intensification du taux d'utilisation des surfaces ;
  • Par ailleurs, deux enjeux transversaux sont identifiés en compléments : d'une part, la gestion/capitalisation de la donnée, qui est un paramètre clé, notamment dans le cas où la valorisation effective des éléments constitutifs du bâti interviendra à des horizons de temps lointains (après un premier cycle) ; d'autre part, l'impact sur les aspects organisationnels et le jeu d'acteurs ;